Fanfictions et préjugés

FanfictionsAujourd’hui sera un article un peu plus personnel. Un article sur un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps : les Œuvres Transformatives (OT). Dérivées d’une œuvre déjà existante (canon) ou de personnalités publiques connues, elles sont créées par des fans pour d’autres fans. Les OT ne sont pas une nouveauté, mais vous n’en avez sans doute jamais entendu parler sous cette appellation. Peut-être aurez-vous entendu parler des fanfictions néanmoins, petite partie du domaine des œuvres transformatives, et si ça n’est pas le cas, je vais corriger ça tout de suite.

Les fanfictions sont des histoires écrites par des fans sur un univers déjà existant ou une personnalité publique et sont souvent regroupées sur des sites tels qu’Archive Of Our Own (AO3). Riches de possibilités, on peut grâce à elles écrire une préquelle, une suite ou la version alternative d’une histoire qui nous tient à cœur. C’est un royaume majoritairement féminin et régulièrement sujet à la critique qui n’est pas sans bizarrerie, jargon parfois un peu étrange et résultats improbables. Parfois acclamées, souvent décriées, elles laissent en tout cas rarement indifférent et animent tout un pan de la culture populaire. Lire la suite

Publicités

Ecrire oui, mais pour qui ?

EcrireC’est incroyable comme cette question revient souvent parmi ceux qui aiment ça. Pour qui doit-on écrire ? Pour nous ? Pour les autres ? Il y a bien des raisons qui poussent à l’écriture, mais je crois que la principale, celle que tout le monde a même sans poser les mots dessus, est qu’on veut raconter quelque chose.

Moi, j’ai commencé à sept ans. Ma mère m’avait forcé à la lecture et j’ai très vite adhéré, et puis très vite eu envie de faire ce que je faisais déjà quand on me racontait des histoires plus jeune : en raconter moi aussi. Je crois que ma première était à propos d’un garçon qui demandait au Père Noël de l’emmener avec lui (ce qui avec le recul est très révélateur de mon état d’esprit de l’époque). Alors, le fais-je pour moi ou pour les autres ? Sûrement pour moi, parce que j’aime ça et parce que je suis incapable de m’en empêcher, mais comme on ne raconte pas une histoire pour s’écouter parler… je suppose que j’écris aussi pour ceux qui veulent bien me lire. Pour leur faire plaisir.

En fait, je ne suis pas sûr qu’il y ait besoin de faire un choix. On peut écrire pour soi et pour les autres, ça n’a rien d’incompatible.

Littérature, cinéma, série TV… Quelques pistes à suivre !

Il m’arrive d’écrire, ça m’arrive même de plus en plus régulièrement et avec de plus en plus de méthode. Évidemment la méthode peut venir avec l’expérience, mais puisque d’autres sont passés par là avant nous, voire en ont fait leur métier (on estimera donc qu’ils savent un minimum de quoi ils parlent), eh bien ma foi, je me suis dit qu’on pouvait bien les écouter. Comme pour le précédent article, je partage avec vous mes trouvailles :

Bibliographie :

  1. Le guide du scénariste, de Christopher Vogler.
    Très bon bouquin, très clair, qui explique les points communs de toutes les bonnes histoires autour du globe, de celles pour enfants à celles pour adultes. Globalement, une grosse étude de la structure narrative à garder sous le coude. Alexandre Astier en parle dans la vidéo plus bas.
  2. Créer des personnages inoubliables, de Linda Seger.
    Beaucoup de bon sens et de conseils intéressants sur la manière de créer des personnages et les choses à ne pas oublier, comme faire attention à leur culture ou leur façon de parler. Je n’ai pas forcément appris beaucoup, mais il est utile et à relire régulièrement.
  3. Story, de Robert McKee.
    Actuellement en cours de lecture, je le dévore. Livre incontournable du genre qui détaille chaque étape de la création d’un script, du scénario aux personnages avec beaucoup d’exemples et de bons conseils à la clé. Sincèrement, à lire et à garder.

Webographie :

  1. TV Tropes (en)
    Où on y trouve beaucoup de ficelles des séries TV ou du cinéma, que tout le monde reconnait quand on les voit et aident donc à construire le récit et/ou une ambiance dans lesquels le spectateur se retrouvera rapidement. Globalement, c’est plein d’infos intéressantes, mais il faut comprendre l’anglais.
  2. Quidam Production
    Pas mal de conseils pratiques pour l’écriture d’un scénario : mind mapping, logiciels… Ça date toutefois de quelques années, il faudrait donc vérifier l’actualité des logiciels et autres outils concernés. Pour le mind mapping, en outils gratuits, je présenterai Mind Meister dont je me sers parfois pour avancer le scénar de nos aventures rp sur G Drive (si vous ne voyez pas de quoi je parle, j’ai développé le RP sur Google Drive dans un précédent article). Seul bémol : trois projets max à la fois, sauf si vous payez. Cela dit, il suffit de ne pas s’éparpiller.
  3. Script Frenzy (en)
    Script Frenzy méritera un article conjoint avec le NaNoWriMo pour pouvoir le présenter dans les formes. Pour l’heure je vous renvoie vers la page d’aide avec plein de conseils qu’ils donnent aux apprentis scénaristes. Autant il est tout à fait possible d’y participer en ne pipant pas un mot d’anglais, autant pour lire les conseils ce sera nettement plus difficile puisqu’ils ne sont que dans la langue de Shakespeare.
  4. Scénario-Buzz
    Qui est le blog d’une scénariste professionnelle française (Nathalie Lenoir), avec des conseils pratiques, des anecdotes… Bref, de quoi voir aussi l’envers du décor pour ceux qui seraient tentés par une carrière dans le domaine.

Et j’ai enfin deux autres sites que je mets un peu à part parce qu’on n’y trouve aucun conseil d’aucune sorte. En revanche, vous y trouverez des scripts de films, parfois de séries TV (évidemment en anglais, où serait le plaisir sinon ?). Voici IMSDb et The Weinstein Company. Je trouve leur lecture d’autant plus intéressante quand elle est mise en perspective avec le résultat final.

Évidemment, si vous avez d’autres livres à présenter ou d’autres sites à proposer, il ne faut pas hésiter à les partager en commentaire (pareillement pour raconter votre expérience).

Antisèches en français et en anglais !

Aujourd’hui non plus ne sera pas un jour à analyses généralissimes. En fait de décryptage, ce petit billet vous filera éventuellement un coup de main avec le français comme avec l’anglais. On a beau parler la langue ou la connaître un peu, il est toujours bon d’avoir sous la main quelques dictionnaires et autres antisèches fort pratiques. Je partage donc mes trésors. Si vous en avez d’autres que vous aimez bien (ou qui touchent d’autres langues que le français et l’anglais, je ne suis pas sectaire), partagez en commentaire.

En français : Lire la suite

Ecrire, ce n’est pas sérieux

J’ai toujours considéré l’écriture comme une passion, voire une drogue. Il y a plus de quinze ans, mes mains ont rédigé ma première histoire. C’était une nouvelle vraiment mauvaise, même à l’époque j’en avais conscience, mais j’étais quand même fier d’être parvenu à l’écrire. A cet âge-là, je me suis prouvé à moi-même que coucher un récit sur le papier est parfaitement possible pour peu que l’on accepte de franchir le pas. Ensuite est venue l’envie d’écrire une bonne histoire, mais écrire quelque chose qui soit bon dépend de beaucoup de facteurs différents, à commencer par sa conception d’un bon texte, justement.  C’est d’abord et avant tout une histoire de mentalité.

Ainsi, il y a quelques points sur lesquels je tique de façon systématique parce qu’ils dénotent à mes yeux d’une mauvaise approche de l’écriture. Évidemment chacun est libre d’être en désaccord avec moi, je validerai aussi les commentaires qui ne m’encensent pas (c’est dire si je respecte la liberté d’expression).

Bref, je vous les présente rapidement :

Écrire par amour de la langue

Boite à outils

Une langue, aussi belle soit-elle, est un outil. Elle a une fonction : communiquer. Elle permet de nommer les choses et les concepts, et dans notre cas, elle sert à conter. Écrire un roman, c’est utiliser cet outil dans le but de partager une histoire romancée sous forme écrite, rien de plus, rien de moins.

Le français, dans le cas qui nous concerne, n’a pas besoin qu’on lui fasse de déclarations d’amour. Il s’agit d’une belle langue, riche, nuancée, difficile à apprendre et à maîtriser. Il a changé, il a évolué, il continuera à s’adapter aux besoins de ceux qui l’utilisent. Et puis le français de France n’est pas le français canadien, belge ou suisse (pour ne parler que de trois autres pays où une partie de la population est francophone). Combien de fois ai-je vu des soi-disant amoureux du français rire grassement des expressions venant d’autres pays que le leur ? Pourtant, il s’agit toujours de la même langue.

Savoir se servir des mots, savoir structurer ses phrases, les rendre percutantes, jouer sur leur musicalité est indispensable pour conter une histoire. Ce sont les mots qui révèlent le récit et il faut savoir en disposer, mais mettre le récit au service des jolies phrases est vain. Tant qu’à écrire en se concentrant sur l’esthétique de la langue, autant se consacrer à la poésie.

Poésie : Art d’évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l’union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers. (larousse.fr)

Ensuite, il y a dans cette façon de penser le récit une chose qui me dérange énormément : mettre la forme avant le fond. L’habit ne fait pas le moine, on ne le dira jamais assez. Il permet de se faire passer pour, mais c’est tout. Un romancier plus intéressé par l’idée d’avoir écrit quelque chose qui ressemble à un roman que par en écrire véritablement un se contente de porter l’étiquette de romancier. Il n’en est pas un.

Écrire pour être publié

Couronne de laurierCombien de fois ai-je pu lire « Je veux vivre de mes livres un jour, c’est mon rêve ! » ? Avoir de l’ambition est une bonne chose, ou tout au moins avoir un but permet d’avancer dans la vie, mais agir uniquement de façon à atteindre ce but, c’est se couper de ce qui lui donne son attrait. Pourquoi vouloir vivre de ses écrits ? Pour être libre d’écrire, non ? Pour pouvoir écrire sans se soucier d’avoir un travail auquel on trouvera moins d’intérêt, qui en prime nous fait perdre des heures que l’on pourrait passer à se consacrer à notre passion. Accessoirement, on se fait plaisir en partageant avec plus de personnes des histoires qu’on a aimé écrire. L’intérêt est là, en tout cas à mes yeux.

A la place de ça, une grande partie de ceux qui prononcent ces mots-là ne vont pas plus loin que « écrire pour vivre », avec l’idée derrière, quand même, de finir relativement riche et célèbre. La téléréalité, ça marche pas mal pour ça. Je suis certain qu’on tient un bon contexte d’émission là, avec quelques auteurs plus ou moins connus qui viendraient dispenser leurs conseils et casser les écrivains amateurs à chaque erreur. On les verrait le nez penché sur leur table, à écrire frénétiquement dans des grands cahiers à petits carreaux (histoire que ça ne semble pas trop scolaire tout en restant accessible). Non, vraiment, là on tient un concept !

Tout ça pour dire quoi ? Eh bien simplement qu’être célèbre n’est pas exagérément difficile (le rester en revanche…). Avec quelques idées pleines de panache et un peu de marketing, on y arrive. Pas la peine de s’embêter à faire semblant de vouloir raconter des histoires quand la seule qui compte tourne autour de son nombril.

Somme toute, être édité est un bonus et une forme de reconnaissance. Ça demande aussi une certaine maturité, autant vis-à-vis de soi-même que de ce qu’on a à écrire. Il faut avoir un peu vécu pour que ça sonne juste et ait de la consistance, mais aussi pour savoir prendre du recul et ne pas s’oublier en chemin. On écrit d’abord pour se faire plaisir, ensuite pour que ça plaise à d’autres, non ?

Écrire est une affaire sérieuse

Why so serious ?Rien ne m’agace plus que ces écrivains amateurs ou confirmés qui se sentent obligés d’en parler comme s’il s’agissait d’une affaire de la plus haute importance, ou pire encore, comme un art si subtil que les manants ne peuvent pas comprendre. Je confirme que s’il suffisait de mettre des mots les uns à côté des autres pour écrire un bon livre (roman ou pas), ça se saurait, mais si c’est pour se toucher en écrivant, autant s’abstenir de faire partager ses « œuvres ». Personne n’y accordera autant d’intérêt que son auteur, de toute façon.

Écrire, c’est surtout coucher des histoires sur papier (ou feuille virtuelle) par passion. On se fait plaisir et ça n’a rien de bien grave ou dramatique en soi. Qu’on réussisse ou qu’on échoue à se faire connaître, quelle importance ? Et si on n’accouche pas du chef d’œuvre du siècle, si on n’est pas connu dans 150 ans, si notre nom ne figure pas, un jour, dans les manuels de français, ce n’est pas le bout du monde. Je comprends parfaitement qu’avec le travail que ça demande pour s’améliorer, on soit tenté de défendre bec et ongles l’écriture, peu importe de quoi, mais… non, ça n’est pas sérieux. C’est juste important pour celui qui pratique (et ceux qui aiment le lire).

Et comme j’aime bien les fins abruptes, pas de conclusion d’article pour cette fois !