Les 4 erreurs à ne pas commettre pour jouer un personnage « fou »

Moriarty - Sherlock (BBC)La folie (ou de manière plus juste, les psychopathologies) est le plus souvent perçue comme un comportement jugé inadéquat, aléatoire et potentiellement dangereux. Un très bon moyen de sortir des sentiers battus sur les jeux de rôle – ou non – mais qui est souvent mal exploité, mal compris, mal interprété. Petit tour d’horizon de ce qu’il faut retenir avant de se lancer à l’aventure :

_ Votre personnage est malade, c’est un handicap qui influence toute sa vie. Il peut ou non finir par être guéri, selon la psychopathologie concernée, mais la maladie aura un impact sur absolument tout. Notamment son estime de lui. Même s’il est atteint d’une maladie qui se présente par crises, durant les périodes asymptomatiques ou pseudo-asymptomatiques, elle l’influencera.

_ La volonté seule ne permet ni de guérir, ni de gérer de manière optimale les symptômes. L’organe ayant le plus d’influence sur notre comportement est le cerveau, qui pour faire une analogie simple est notre centre de traitement et distribution des informations. Lorsque celui-ci présente certains types de dommages – lésions cérébrales, mauvaise oxygénation, transport déficitaire de certaines hormones, etc. – le comportement est modifié en conséquence puisque les informations ne sont plus perçues de la même manière. Il est illusoire de croire que la volonté va remédier à ces problèmes d’ordre biologique, quand bien même une psychothérapie permet de mieux gérer les affects au quotidien. C’est pour cette raison que les traitements impliquent une médication.

Walter Bishop - Fringe

Quand la folie et le génie s’entremêlent…

_ Il existe une logique dans la manière dont votre personnage va réagir. S’il est pris d’hallucinations – pour prendre le cas classique de la schizophrénie – il réagira en fonction de son environnement, hallucinations incluses. S’il a la folie des grandeurs, il réagira face au monde qui l’entoure en fonction de son sentiment de toute-puissance. S’il sait qu’une situation précise peut déclencher une crise, il l’évitera à la manière d’un diabétique qui fait attention à son régime alimentaire. Bref, ce qui n’a pas de sens pour les autres en aura un pour lui.

_ Dernier point et c’est sûrement le plus important : n’ayez pas peur de penser comme lui. Il faut certes garder à l’esprit qu’il n’est pas vous, mais vous devez le comprendre intimement. Si vous ne le faites pas, personne ne le pourra. Pour prendre quelques exemples :

Jouer un sociopathe « parce que c’est cool » est une erreur. Il n’y a pas grand-chose d’amusant dans l’incompréhension des autres ou l’incapacité à ressentir une émotion même en essayant de provoquer son apparition. Sans compter le temps d’apprentissage pour différencier celles des autres, apprendre à les imiter et à présenter la bonne au bon moment.

Jouer un schizophrène parce qu’on peut ainsi jouer « deux personnages en un » est une erreur. En premier lieu, il y a une différence entre schizophrénie et trouble dissociatif de l’identité. Ensuite, la schizophrénie est une maladie extrêmement envahissante, même en-dehors des périodes de crise, et souvent dégénérative.

Jouer un mégalomane « parce que c’est drôle » fera un peu facilement oublier qu’un personnage dont l’attention se focalise sur son nombril et persuadé d’être au-dessus du reste du monde ne sera pas populaire. Du tout. Sans compter la paranoïa qui souvent vient avec et lui pourrit l’existence.

Comprendre comment fonctionne vraiment votre personnage implique de dépasser la répulsion naturelle qui pousse à se dire « Non, je ne suis pas comme lui. Je ne peux pas penser comme ça, c’est mal, c’est complètement fou ! Je ne veux pas être pareil ! ». Il n’y a rien à craindre, ce n’est pas contagieux. Mais c’est cette répulsion qui rend les personnages atteints d’une pathologie psychiatrique complètement creux en RP neuf fois sur dix. Aussi malade qu’il soit, votre personnage est un être humain dont il va falloir épouser la logique le temps de le jouer.

Ce sont là les quelques conseils que j’aurais à donner. L’auteur de l’excellent blog Roleplay and sarcasm m’avait demandé il y a longtemps un article sur les maladies mentales ; j’espère avoir été à la hauteur. Et si vous voulez partager votre expérience ou ajouter quoi que ce soit, comme toujours, n’hésitez pas à commenter !

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