10 conseils pour ne pas faire une Mary Sue ou un Gary Stu

Sookie Stackhouse (True Blood)J’ai déjà évoqué ici le problème des Mary Sue et Gary Stu et expliquer comment s’en débarrasser sur les forums de jeu de rôle, que ce soit comme joueur ou comme administrateur. Toutefois… S’il est agréable et soulageant de ne plus avoir dans les pattes quand on joue, ça ne signifie pas qu’on ne va pas en recroiser ailleurs. Les romans, les séries et le cinéma en ont leur part également. Parfois il s’agit du personnage principal. J’évoquais Bella Swan de Twilight dans l’article sur les personnages politiquement corrects, mais je peux également citer Sookie Stackhouse – ici à gauche – de la série True Blood (La communauté du Sud pour les livres) ou Anita Blake de la série littéraire du même nom. Jo Harvelle, personnage secondaire de Supernatural, y échappe de très très peu.

Comment s’assurer que son personnage ne devienne pas une Mary Sue/un Gary Stu ?

En suivant quelques règles simples : ne pas chercher à s’incarner en lui, rendre la vie des personnages plausibles dans l’environnement qui est le leur, ne pas chercher à le rendre exceptionnel et lui donner des défauts qui n’ont rien de glamour. J’insiste vraiment sur ce dernier point.

Ceci étant dit, l’énumération ci-dessus manque un peu de concret, alors je développe :

1/ Je l’ai dit au-dessus et je le répète : donnez-lui des défauts. Quand je dis défauts, il y a bien sûr les petits défauts : être timide, être bavard, être trop gentil, mais ils sont globalement bien vus. Il en faut d’autres, moins glamour, propices à créer des situations tendues où votre personnage sera en tort. Pour n’en proposer que quelques uns : être intolérant, être lâche, ne pas être digne de confiance, être opportuniste (ça va de paire avec le manque de fiabilité d’ailleurs), etc.

2/ Laissez-lui ses défauts. S’il est du genre à parler sans réfléchir ou sur-interpréter et réagir excessivement à des détails, ne le rendez pas sage, raisonnable et réfléchi juste parce qu’il a en face quelqu’un qui lui rentrera dans le lard. Un défaut n’est pas un problème, c’est une composante de sa personnalité et il le rend plus humain.

3/ Faites-lui faire des erreurs qu’il regrettera toute sa vie. Pour prendre une saga connue de tous qui m’évitera les spoilers gênants : dans Harry Potter, Rogue perd l’amitié de Lily lorsqu’il l’insulte de Sang-de-bourbe, tandis que Sirius meurt parce qu’Harry a été trop irréfléchi et a paniqué.

4/ Ne vous incarnez pas dans l’univers à travers lui. Il doit exister comme entité propre et autonome.

5/ Ne cherchez pas à prouver la valeur du personnage en le livrant sur un plateau d’argent à vos lecteurs ou aux spectateurs. Laissez-le être lui-même, montrez ce qu’il a au fond de lui, mettez-le face à des difficultés qu’il aura à surmonter au prix de quelque chose qui compte pour lui. Ceux qui vous lisent ou regardent ce que vous avez écrit réaliseront tous seuls ce qu’il vaut.

Ziva David

Ziva David, forte sans en faire trop (NCIS)

6/ Rendez-le plausible dans l’environnement où il vit. Même si son existence sort du lot, il ne faut pas trop en faire et il doit y avoir une raison à ce qu’il vit ou a vécu.

7/ Ses traumatismes, s’il en a, doivent avoir des répercussions. Ça ne l’aura pas « rendu fort », mais endurci et/ou affaibli. La plupart de ceux qui ont vraiment souffert finissent intolérants face aux geignements provoqués par des choses sans importance (de leur point de vue). Regardez combien s’enorgueillissent d’avoir surmonté leurs difficultés alors qu’ils refusent d’en entendre parler. Ce mécanisme est très courant et très humain.

8/ Le charisme est d’abord une force de caractère, la capacité à rester fidèle à soi-même et à aller de l’avant. Une personne charismatique est ou a les capacités d’être un leader. Enfin, diriger consiste moins à donner des ordres qu’à servir ceux qui obéissent aux ordres. Si vous avez compris ça, vous comprendrez pourquoi faire de votre personnage une icône que tous vont aimer ou admirer ne le grandira pas.

9/ Ne créez pas de personnage qui soit son exact opposé si vous voulez les confronter l’un à l’autre. Un antagonisme n’est intéressant que s’ils ont des points communs et des valeurs différentes. Ce sont les nuances qui créent la tension.

10/ Insérer des éléments réalistes dans ses actions. On m’a fait récemment un très beau compliment sur l’un de mes personnages en me disant qu’il était aussi vrai qu’une personne IRL. Dans mes messages de jeu avec lui, je glisse toujours des petits éléments destinés à le rendre humain : à un moment il parle trop fort, à un autre il a mal aux fesses d’être resté assis trop longtemps, etc.

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Une réflexion sur “10 conseils pour ne pas faire une Mary Sue ou un Gary Stu

  1. Merci, c’est article est vraiment utile ! Surtout le dernier conseil. Moi qui ai horreur des Mary-Sue, je me demandais toujours comment rendre mes personnages plus humains. Je pense que ce que tu as écris va beaucoup m’aider ! 😉

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