La constipation littéraire (ou le Syndrome de la page blanche)

icon rozanJe pense qu’on a tous nos passages à vide ; ces moments où même si l’envie d’écrire est là, irrépressible, rien ne sort. Le syndrome de la feuille blanche, on le connait bien, et pas mal d’entre nous attendent la Sainte Illumination pour pondre un texte à nouveau. Ma théorie sur le sujet est toute simple : à un moment ou à un autre, la pression sur nos épaules est telle que plus rien ne sort. Cette pression, on peut la devoir à notre vie professionnelle ou privée, mais aussi, plus sobrement, à ses propres exigences en matière d’écriture. Et le seul remède que je connaisse revient à faire une chose douloureuse dans ces moments-là : écrire.

Cette méthode est la plus efficace que je connaisse. Je l’ai essayé, je l’ai conseillé et à terme elle a toujours fonctionné. Le principe n’est pas d’écrire quelque chose de bien, juste de coucher un texte sur le papier, même s’il n’aura jamais de fin. Il faut se poser devant sa feuille ou son écran et se dire « là, peu importe le sujet, même si ce n’est pas de la fiction, je vais pondre quelque chose ». Pour reprendre la délicate métaphore de mon titre : après un épisode de constipation littéraire, c’est difficile et ça fait mal.

Si vous écriviez long et que vous n’y arrivez plus, écrivez court. La longueur reviendra d’elle-même avec l’inspiration et un peu d’efforts, mais soyez patient. Si vraiment vous n’arrivez pas à rédiger une histoire, racontez votre journée à votre feuille ou votre ordinateur, ou bien écrivez ce qui vous passe par la tête. Et même si vous ne dépassez pas les 100 mots, quelle importance ? Vous aurez eu la preuve que vous êtes encore capable d’accoucher d’un écrit, même s’il n’a absolument rien d’un quelconque chef-d’œuvre.

L’inspiration n’est pas un dû, elle se travaille. Le mieux reste d’écrire sur ce qu’on aime, et si parfois ça n’évoque rien d’assez construit et que vous ne parvenez pas à aller jusqu’au bout, changez de sujet, gardez celui-là pour plus tard, pour le moment où vous aurez l’illumination et saurez quoi en faire. Certains textes ont besoin de maturer longtemps avant de pouvoir exister (et je ne pense même pas me fourvoyer en affirmant qu’il en est de même pour n’importe quel art).

Prenons un exemple pour illustrer mon conseil. Vous avez sans doute lu cet article que j’ai précédemment écrit. Pour résumer : il existe un évènement littéraire sur le net qu’on appelle le NaNoWriMo. Pendant le mois de novembre chaque année, vous vous mettez au défi d’écrire un roman de 50 000 mots minimum. J’en avais entendu parler depuis longtemps sans jamais trouver le courage de m’y mettre, puis, le 31 octobre dernier on m’en a touché un mot et je me suis dit « pourquoi pas ». Se sont posés deux problèmes : d’une part je n’arrivais plus à écrire de fiction depuis un sacré bail, d’autre part je n’avais pas la moindre idée de roman et je n’avais que quelques heures pour en trouver une.

J’ai repris un contexte pour un forum rpg que je comptais ouvrir dans un jour lointain. Mon idée se limitait à un début de background et deux personnages. Vous admettrez avec moi qu’on ne va pas loin avec ça. A l’époque, IRL, ça allait vraiment mal pour moi. Écrire était d’autant plus difficile que je n’avais vraiment pas la tête à ça, mais peu importe. J’ai couché sur mon papier virtuel (Open Office) à peu près le même nombre de mots chaque jour en me creusant la tête pour trouver quelque chose à pondre et trouver une intrigue. Au final, je ne suis même pas allé jusqu’au bout, mais j’avais quand même écrit et j’étais plutôt content de ça. Ce texte est mauvais, très mauvais. J’ose à peine le relire, c’est mal rédigé, ça va dans tous les sens, mais ce n’est pas bien grave. J’ai écrit.

En août, on m’a appris l’existence d’un autre NaNo, plus secondaire, qui se déroule sur tout le mois aussi. Comme la première fois, j’ai su ça la veille du commencement (ou le jour même, j’ai un doute), et comme la première fois, je me suis demandé « j’écris sur quoi ? ». Le fait est que depuis cinq ans, une histoire me traine dans la tête. Pour le premier NaNo, j’avais préféré tenter le coup avec un récit bien à moi, là il s’agit d’une fiction basée sur un manga. Je savais grâce au mois de novembre que j’étais capable d’être régulier, mais je me suis mis encore moins de contraintes. J’ai écris autant que j’avais envie d’écrire chaque jour, en fonction évidemment de mon emploi du temps. Parfois j’ai dépassé les 4000 mots, d’autres fois, j’atteignais à peine les 400. N’en reste pas moins que j’ai atteint l’objectif des 50 000 mots en 21 jours plutôt que 31. Il est probable que je termine l’histoire durant le mois de novembre qui arrive.

Ça faisait plusieurs années (depuis 2009 en fait) que je n’avais rien réussi à écrire en matière de fiction. Je ne faisais que du jeu de rôle par forum, faute de mieux, et même là l’inspiration me désertait peu à peu.

Si j’en parle, ce n’est pas pour le plaisir de raconter ma vie, mais juste pour illustrer ce que je disais. Il faut écrire même quand on a du mal. On souffre de le faire les premières fois, après on se dit qu’on a réussi une fois, qu’on peut réussir à nouveau, et petit à petit, l’inspiration revient et c’est plus facile. Globalement, je conseillerai de se forcer au début, mais d’y aller au feeling. Si le sujet ne vous inspire vraiment rien, passez à autre chose jusqu’à trouver ce qui vous motive vraiment.

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